A l’instant « T » de ce 9 avril 2026, au petit matin, à Beyrouth, il y a eu un FAIT : 189 morts et 800 blessés au centre-ville dans les bombardements du gouvernement israëlien.
48 heures plus tard, le bilan du même FAIT a révélé que le bilan s’est élevé à 357 morts et 1200 blessés à l’heure du petit-déjeuner (sous réserve de découverte de nouvelles victimes).
Parmi ces 357 victimes, il y avait peut-être 3 leaders charismatiques, 30 chefs et 60 sous-chefs du Hezbollah, soit de 0,4 – 4 ou 8 % du total des victimes.
Comment peut-on cibler avec succès, nominativement, les 47 leaders iraniens à Téhéran le 28 février et le 9 avril massacrer, en toute bonne conscience, des centaines de civils pour s’assurer (?) de la disparition des chefs et sous-chefs du Hezbollah à Beyrouth ? Est-ce prouvable ?
Face à ces faits, il y a des MOTS qui ont un sens précis (et dont la définition a été négociée au millimètre, dans les statuts de la Cour Pénale Internationale, lors de la Conférence de Rome en 1998 (120 pays participants):
ARTICLE 8 – Crimes de guerre
Article 8 §2 b) iv) – Proportionnalité
Est également un crime de guerre le fait de : « Lancer intentionnellement une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile […] qui seraient excessives par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. »
Quand l’intention concerne quelques dizaines de personnes, et que le résultat est la mort violente de 357 civils, il serait peut-être pertinent d’y voir une sorte de variante du « dol éventuel » ? Définition : « Le dol éventuel est une forme d’intentionnalité en droit pénal où l’auteur, bien que ne souhaitant pas directement le résultat dommageable, a conscience du risque et accepte la possibilité de sa survenance en agissant. »
Article 8 §2 b) v) – Bombardement de villes non défendues
« Le fait d’attaquer ou de bombarder, par quelque moyen que ce soit, des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus et qui ne sont pas des objectifs militaires. »
A ce degré de disproportion entre l’intention et le résultat, les interminables palabres sur la contextualisation d’un fait de guerre sont IRRECEVABLES.
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Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier :
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