» Tout homme persécute s’il ne peut convertir. A quoi répond la culture qui rend la diversité agréable. » (Alain, philosophe)
Il est essentiel – vital – de définir la notion de culture de manière ouverte, en refusant une conception restreinte, étriquée, nostalgique, souvent manipulée (comme la religion peut aussi l’être) par des régimes politiques en place, à l’approche des élections ou, au pire, comme oriflamme dans les guerres avec d’autres cultures et d’autres pays. On ne joue pas avec l’identité culturelle nationale.
 » Les cultures, comprises comme totalités homogènes, sont les leurres les plus dangereux, source de toutes les discriminations, ingrédients indispensables des guerres et de la permanence de la pauvreté. Les cultures n’ont pas assez de consistance pour être « personnalisées au point de parler de dialogue des cultures : seules les personnes peuvent dialoguer, avec leurs cultures bricolées. (…) C’est la personne qui est au centre et qui choisit son milieu culturel avec les références auxquelles elle peut avoir accès. » Patrice Meyer-Bisch [1]

 » Le dialogue interculturel constitue le meilleur gage pour la paix, et rejette catégoriquement la thèse de conflits inéluctables de cultures et de civilisations. Un instrument d’une telle envergure constitue une première pour la communauté internationale. Il fait de sa défense un impératif éthique, inséparable du respect de la dignité de la personne humaine. » UNESCO [2]

Il semble paradoxal de dire que l’identité d’une personne est ce qui la différencie des autres, ce qui peut créer des tensions, tandis que la culture est ce qui doit les rassembler. Ce paradoxe est théorique, car toute personne se construit en apprenant, en imitant, en travaillant, en voyageant, en communiquant avec d’autres cultures. Le meilleur moyen de vivre son identité culturelle est de l’éprouver au contact d’autres cultures (surtout si on a du mal à les comprendre…)

La culture ne se réduit donc pas à l’obsession de l’identité. Pas plus qu’on ne joue avec l’identité nationale.  » Accepter l’existence d’une totale homogénéité entre culture et identité, c’est oublier ce qui est vital et fertile dans la culture.  » – Edward Saïd

Amin Maalouf, écrivain franco-libanais, membre de l’Académie française:
 » Moitié français, donc, moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitié, ni par tiers, ni par plages cloisonnées. Je n’ai pas plusieurs identités, j’en ai une seule, faite de tous les éléments qui l’ont façonnée selon un dosage particulier qui n’est jamais le même d’une personne à l’autre. Toutes ces appartenances n’ont évidemment pas la même importance, en tout cas pas au même moment. Mais aucune n’est totalement insignifiante. Ce sont les éléments constitutifs de la personnalité, on pourrait presque dire « les gènes de l’âme », à condition de préciser qu’ils ne sont pas innés.
Si chacun de ces éléments peut se rencontrer chez un grand nombre d’individus, jamais on ne retrouve la même combinaison chez deux personnes différentes, et c’est justement ce qui fait la richesse de chacun, sa valeur propre, c’est ce qui fait que tout être est singulier et potentiellement irremplaçable. » Amin Maalouf [3]

[1]– Patrice Meyer-Bisch : https://www.cairn.info/revue-l-observatoire-2008-1-page-9.htm
[2]Déclaration universelle sur la diversité culturelle
https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000132328
[3]– Amin Maalouf – Les identités meurtrières – Livre de poche – 2001

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(Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier : https://urlr.me/DHvmnJ