« (Beyrouth, 16 janvier 2026) – Les forces de sécurité iraniennes ont procédé à des meurtres à grande échelle de manifestants après l’escalade de manifestations dans tout le pays le 8 janvier, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Des milliers de manifestants et de passants auraient été tués, tandis que les restrictions sévères imposées par le gouvernement sur les communications ont dissimulé l’ampleur réelle des atrocités. Human Rights Watch a examiné des preuves montrant que de nombreux manifestants ont été tués ou blessés par des tirs à la tête et au torse. » (Human Rights Watch)
(…) Les autorités ont commis des massacres de manifestant·e·s, principalement les 8 et 9 janvier, quand le nombre de victimes a commencé à se chiffrer en milliers. Janvier 2026 marque la période de répression la plus meurtrière attribuée aux autorités iraniennes depuis qu’AI a entamé ses recherches sur le pays il y a des décennies. » (Amnesty International).
Sources :
Le 13 janvier 2026 : « At least 12,000 killed in Iran crackdown as blackout deepens »: https://www.iranintl.com/en/202601130145
Le 26 janvier 2026 : Le Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/26/iran-la-repression-des-manifestations-pourrait-avoir-fait-plus-de-30-000-victimes/
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Les massacres de milliers d’Iraniens, lors de la révolte de civils contre le régime en place en janvier 2026, constituent un crime contre l’humanité, lequel se définit comme suit : « acte inhumain (meurtre, torture, viol, esclavage, etc.) commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile, en connaissance de cette attaque. » (Article 7 du Statut de Rome – Cour pénale internationale – CPI). Ils peuvent être commis dans le cadre de politiques d’ État, mais aussi par des groupes non-étatiques (mercenaires, milices privées, etc.)
Il faut rappeler ici que les crimes contre l’humanité peuvent être qualifiées comme tels en-dehors de toute situation de conflit armé : l’esclavage, la déportation de populations, l’apartheid ont été depuis de décennies qualifiées de crimes contre l’humanité sans qu’il y ait eu de conflits armés.
L’exemple le plus récent (2025) est en l’accusation de Crime contre l’humanité dans la poursuite de l’ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, qui a été « Suspecté d’être responsable des crimes contre l’humanité de meurtre, et tentative de meurtre présumés, qui auraient été commis sur le territoire de la République des Philippines entre le 1er novembre 2011 et le 16 mars 2019 dans le contexte de la campagne dite de « guerre contre la drogue ». Le 10 février 2025, le Bureau du Procureur de la CPI avait demandé la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Rodrigo Duterte pour meurtre, torture et viol en tant que crimes contre l’humanité. La Chambre préliminaire I de la CPI a examiné les éléments présentés par l’Accusation et a conclu à l’existence de motifs raisonnables de croire que M. Duterte est individuellement responsable comme coauteur indirect de meurtre en tant que crime contre l’humanité, qui aurait été commis aux Philippines entre le 01.11.2011 et le 16.03.2019.
Le 27 février 2026, l’audience de confirmation des charges s’est terminée devant la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI). Si les charges sont confirmées, elle renverra l’affaire devant une Chambre de première instance, laquelle conduira à la phase suivante de la procédure, à savoir le procès lui-même.
https://www.icc-cpi.int/fr/philippines/duterte
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Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier : https://urlr.me/DHvmnJ