Courrier de lecteur paru dans le quotidien suisse « 24 HEURES » 26.02.2026 :
« Donald Trump a lancé le « Conseil de la paix ». Mais derrière l’effet d’annonce, il n’existe ni traité fondateur, ni ratification du Sénat américain, ni structure juridique. Ce « conseil » n’est qu’un club informel, dépendant d’un homme, et d’un mandat sans continuité ni légitimité internationale.
A l’inverse, l’Organisation des nations Unies, créée en 1945 repose sur une Charte ratifiée par 193 Etats. Son Conseil de sécurité, malgré ses blocages, demeure le seul organe capable d’autoriser sanctions et usage de la force. Aucun des membres permanents ne s’est d’ailleurs joint à l’initiative trumpienne, ce qui suffit à la disqualifier.
L’histoire regorge de tentatives de détournement de l’ONU : guerre d’Irak en 2003, interventions de l’OTAN au Kosovo, ou encore le recours à des forums informels comme le G7 ou le G20. Toutes ont montré la même limite : elles ne remplacent pas l’ONU. Toutes ont montré la même limite : elles ne remplacent pas l’ONU, et finissent souvent par y revenir pour la légitimation, l’aide humanitaire ou la reconstruction.
Critiquée, imparfaite, parfois paralysée, l’ONU reste pourtant incontournable. Un « Conseil de la Paix » sans droit, sans reconnaissance et sans avenir politique ne peut rivaliser avec une institution qui survit aux présidents, aux modes diplomatiques et aux rapports de force passagers. Ce « machin » passera, et l’ONU restera.
(José CONDE, Lausanne)
Effectivement, il n’y a pas d’alternative à la nécessité d’une Organisation des Nations Unies, à condition qu’elle soit rénovée. Les institutions internationales actuelles sont délibérément menacées par des grandes puissances de n’être plus que des lieux de rapports de force pour parvenir à dominer le monde, ses ressources et ses peuples. Et les États sont pourtant, ensemble, la seule autorité internationale habilitée à entreprendre ce chantier, ce qui ne vise pas à les affaiblir, mais à éviter le retour de multiples formes de volontés de puissance et d’impérialisme planétaire, économique, politique, médiatique, religieux, militaire, mafieux, sectaire, etc…
Une nouvelle gouvernance internationale supposerait une ou plusieurs Conférences diplomatiques. Cela nécessiterait une décentralisation géographique de l’ONU pour une partie de ses mandats, ce qui est à l’étude, une refondation du multilatéralisme, et une révision de plusieurs conventions et instruments juridiques.
Mais la condition sine qua non d’une gouvernance internationale améliorée doit passer par le renforcement des institutions de justice pénale internationale, pour que des Chefs d’Etat cessent qui d’agresser les pays voisins pour détourner leur opinion publique de l’échec de leur politique, ou qui de massacrer des dizaines de milliers de leurs concitoyens pour la gloire de leur dieu, ou encore de laisser impunément leur peuple en situation de famine et de survie. Imagine-t-on n’importe quel pays sans aucune institution judiciaire ? Face à la gravité des menaces universelles, le pouvoir n’est plus un jouet, le droit devient inévitablement international et ne sera respecté qu’avec des instances de contrôle. Un droit n’est pas une transaction, ni une arme de guerre.
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(Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier : https://urlr.me/DHvmnJ )