Le chantier international des droits humains a été voulu et réalisé par les États, issus de systèmes juridiques différents, et qui ont chacun leurs lois nationales adoptées et appliquées de manière autonome.
Si les droits humains sont déclarés et adoptés comme universels, les différentes instances et agences des Nations Unies* se sont concertées pour convenir que les objectifs et programmes de développement doivent être pensés et appliqués à partir des obligations internationales des droits humains que les États ont ratifiés.

Concrètement ?
Cela veut dire que lutter contre la pauvreté, renforcer l’éducation et la santé publiques, garantir les libertés individuelles, réduire les inégalités, respecter la dignité humaine dans la gestion des migrations, et autres politiques publiques, ne sont pas des opinions politiques, mais des exigences issues des droits reconnus par les États qui ont ratifié les Conventions.

Autrement dit, cela suppose de prendre de nouvelles lunettes pour modifier la perception des réalités :
La pauvreté n’est plus seulement définie par le constat de besoins non satisfaits par manque de revenus, mais d’abord par l’analyse des causes qui créent les inégalités.
   L’individu n’est plus un bénéficiaire passif, mais considéré dans sa globalité, dont la dignité, la volonté et la liberté doivent être respectées, comme acteur de son propre avenir.
   Le rôle de l’État n’est plus d’être un acteur social parmi d’autres, ce qui ne signifie pas que l’État doit tout faire (État totalitaire), mais de veiller à ce que les droits des individus, soient respectés par tous les acteurs de la société, publics et privés. A commencer par adapter ses lois nationales en conformité avec les Conventions qu’il a ratifiées.
   La justice n’est plus seulement un lieu de négociations et d’arbitrage, mais doit lutter contre les inégalités, comme enjeu majeur du développement, pour une question de dignité humaine, mais aussi à long terme, pour mieux éviter les conflits, ou les révoltes devant les injustices criantes.

Sous un autre angle :
Il n’y a plus de donateurs, mais des détenteurs d’obligations ;
Il n’y a plus de bénéficiaires, mais des détenteurs de droits (ces derniers n’ont pas à remercier ceux qui appliquent leurs droits…)
Quel que soit le régime politique, l’État, qui s’est voulu source et garant des droits humains, doit, d’une manière ou d’une autre, s’efforcer de donner aux personnes qui vivent sous une forme ou une autre d’exclusion, les moyens de participer à la conception du soutien dont elles ont besoin, puis de les accompagner dans les initiatives qu’elles peuvent prendre.

S’il est vrai qu’on ne fait pas une politique avec les droits humains, on fait cependant de la politique lorsqu’on milite pour l’application des droits fondamentaux. Ils contribuent au développement intérieur, comme à la coopération internationale, dans l’application des droits reconnus à tout être humain, au-delà des simples intérêts économiques et géostratégiques des pays.
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* L’OMS pour la santé, la FAO pour la nourriture, l’ UNICEF pour l’enfance, l’UNHCR pour les réfugiés, etc.
La Position Commune des agences des Nations Unies sur l’approche-droits (version française) est accessible sur le lien :
https://unsdg.un.org/fr/2030-agenda/universal-values/human-rights-based-approach
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Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier : https://urlr.me/DHvmnJ