On dit parfois que la notion de droits humains remonte à la nuit des temps. Les droits humains seraient plutôt issus d’une tradition moyen-orientale… Qu’en est-il ?
D’après Joseph Yacoub, politologue d’origine syrienne, spécialisé dans la défense des droits culturels :  « La Mésopotamie est un pays aux trésors multiples et à l’origine de la civilisation. Le sens de l’homme et de sa dignité inhérente est une notion partagée par la culture mésopotamienne et syriaque. Dans ses textes de lois (…) on trouve, comme un fil conducteur, une conception de l’homme, une recherche de l’égalité, de la justice et de l’équité, basée sur des fondements éthiques et moraux, et traduite par des règles de droit. Voir les textes législatifs et codes de lois mésopotamiens dont les premiers remontent au troisième millénaire avant notre ère d’Urukagina, de Gudéa, d’Ur-Nammu, de Lipit-Ishtar, d’Eshnunna, le Code d’ Hammurabi, les Lois assyriennes et babyloniennes, les récits de l’épopée de Gilgamesh (…). Paul Garelli écrit : Autant que Rome peut-être, elle (Mésopotamie) fut la terre du Droit. – Joseph Yacoub [1]

Tous ces rois, régnant dans ce que nous appelons le Moyen-Orient, entre 2200 et 1500 ans avant J.C., ont édicté des règles et des textes qui confortaient leur pouvoir, sans être des lois contraignantes au sens où nous l’entendons aujourd’hui, car présentées comme la volonté divine transmise par le roi. De plus les châtiments de l’époque sont aujourd’hui inacceptables, comme l’utilisation courante de la peine de mort.
Il s’agissait cependant de réguler les relations entre individus (affaires familiales, procédures commerciales) ou entre les différentes classes de la société (les propriétaires avec leurs esclaves, le roi et sa cour avec les sujets).
Les textes écrits formalisaient les coutumes transmises oralement aux générations successives, à titre de prévention des situations de conflits, avec la garantie royale des divinités en cours.
Par exemple, le Code du Roi Gudéa édictait vers 2150 av. J.C., les obligations « de protéger l’orphelin contre le riche et la veuve contre le puissant » et de « permettre aux filles d’hériter des biens familiaux dans les foyers n‘ayant pas de fils. »
https://www.universalis.fr/encyclopedie/gudea-prince-de-lagash/
Le Code du Roi Urukaniga « interdisait pour l’élite d’acheter ou de réquisitionner de force les biens des citoyens ordinaires, révoquait les fonctionnaires corrompus. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Urukagina
Le Roi Lipit-Ishtar rédigea un nouveau code « contre l’asservissement pour dettes, largement pratiqué, surtout par des personnes se vendant comme esclaves. Le code imposait également le service communautaire pour les travaux publics et fixait des taux d’imposition et des lois sur les successions équitables. »
https://www.questionsenpartage.com/lorigine-loi
   Le Code d’Hammurabi (env. 1750 avant J.C.) se rapproche plus d’une accumulation de règles issues des codes précédents et de décisions prises dans des situations concrètes (une sorte de jurisprudence) que d’un système de concepts et de lois contraignantes au sens contemporain. Mais ce fut aussi la création d’un statut juridique des femmes avec, par exemple, le droit de conclure des contrats, de témoigner devant les tribunaux, de récupérer sa dot en cas de divorce par le mari, etc.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Hammurabi
   Le « Cylindre de Cyrus » porte le nom du roi qui règne sur l’Empire perse achéménide (de la Turquie à l’actuel Pakistan) aux environs de 559 à 530 av. J.-C.). Il a innové en faisant respecter la diversité culturelle et la liberté d’exercice des religions de tous les peuples conquis sur son territoire.
Kurt Waldheim, Secrétaire Général, a exposé, en 1971, une copie de ce texte, traduit dans toutes les langues officielles des Nations Unies, en déclarant: « Ce cadeau (…) nous rappelle que l’édification d’une communauté internationale équitable et juste n’est pas un travail unique dans l’histoire de l’humanité, mais une tâche sans fin et intemporelle qui exige une patience, un dévouement et une détermination constants ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyrus_le_Grand

A suivre…
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[1]– Joseph Yacoub, politologue d’origine syrienne, spécialisé dans la défense des droits culturels pour un humanisme sans frontières dont les valeurs ont été partagées par toutes les civilisations.
https://www.babelio.com/livres/Yacoub-Lhumanisme-reinvente/1129873
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Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier : https://urlr.me/DHvmnJ