L’histoire de l’abolition de la peine de mort dans le monde, aussi lente soit-elle, montre que dans l’immense majorité des cas, l’abolition a été voulue et engagée sur le plan législatif, puis adoptée par les Parlements, sur initiative des pouvoirs publics, ou de leaders qui ont su « surmonter » la tendance de l’opinion publique et des sondages favorables maintien ou au rétablissement de la peine de mort.
La Mongolie a aboli la peine de mort le 1 er juillet 2017, au terme d’un processus initié par le Président Tsakhia Elbegdorj, élu en 2010. Il n’était pas facile de modifier le Code pénal hérité de l’ancien système législatif soviétique.
La France a aboli la peine de mort  en octobre 1981, six mois après l’élection du Président Mitterrand.
Le dernier pays à l’avoir abolie est le Zimbabwe, le 31 décembre 2024.

Au Japon, depuis 1956, le gouvernement effectuait environ tous les 5 ans un sondage pour tester l’opinion publique sur le maintien de la peine de mort. Le sondage de 2014 montre une forte majorité de l’opinion favorable à la peine de mort (environ 80%) la considérant comme « inévitable », mais seulement 34% confirment leur opinion comme absolument définitive.

Une recherche au niveau académique et scientifique a été réalisée sous forme de sondage parallèle, à questions multiplesdeliberative poll »).
Il apparaît :
– que 27 % des sondés affirment ne plus changer d’avis en faveur de la peine de mort
– qu’à la question : « Qui doit décider de l’avenir de la peine de mort (maintien ou abolition) ? », 40% des sondés estiment que la décision revient au public (ex : référendum). Mais 71 % disent qu’ils accepteraient l’abolition si le gouvernement en décidait ainsi.
– que la majorité des abolitionnistes ne fonde pas son opinion sur les droits humains, mais sur la prison à vie comme alternative.
Une même majorité ajoute que le risque d’erreurs judiciaires est le premier motif en faveur de l’abolition.

Le pouvoir croissant des réseaux sociaux devrait permettre de définir et de diffuser une stratégie argumentaire pour l’abolition, dont le langage et le contenu seraient accessibles au grand-public. Un public mal informé demande toujours plus de répression aveugle.

Dès lors qu’un sondage très affiné permet de sonder le public…
– sur les possibilités alternatives de sanctions pénales pour des mineurs,
– sur les risques de manipulation ou d’erreurs judiciaires,
– sur la disproportion et l’inefficacité de la peine de mort,
– sur le travail en vue d’une forme de réparation/compensation aux victimes,
– sur une réinsertion par des services juridiques, psychologiques et sociaux compétents … alors on imagine mal que le pourcentage de sondés soit majoritaire pour le maintien de la peine de mort.

Pour les responsables de ce sondage parallèle, ouvrir le sondage aux questions et au dialogue avec les sondés provoque un degré de réflexion, d’incertitude et d’hésitation, favorable à une ouverture vers l’abolition.

« THE PUBLIC OPINION MYTH – DEATH PENALTY PROJECT » Mai Sato &Paul Bacon – 2015
http://www.deathpenaltyproject.org/wp-content/uploads/2015/08/The-Public-Opinion-Myth.pdf.

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=q5v_POd5pHo