Extrait de la Convention relative aux droits de l’enfant (1989) :


Article 14 : Liberté de penser, de conscience et de religion

  1. Les États parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
  2. Les États parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l’enfant, de guider celui-ci dans l’exercice du droit susmentionné, d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités. » (…)

Dans son Article 1 er, la Convention énonce : « un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans ». Il va donc de soi que toute discussion sous-entend impérativement la réserve : « …selon son âge et sa maturité ».

Dans les textes sur les droits humains en général, la notion de religion est incluse dans le concept plus large des « convictions », qui comprend les opinions personnelles, les convictions de tous ordres et les convictions religieuses, y compris la liberté de ne pas avoir d’opinions ni de convictions sur tout, ni de croyances religieuses.

La liberté de religion est avant tout le droit d’exercer sa religion, sans discrimination aucune, surtout lorsqu’on est issu d’une minorité. Les parents sont libres d’éduquer leurs enfants dans la religion de leur choix, selon leur âge et leur maturité. L’État doit respecter cette liberté des parents.

Mais que la famille le veuille ou non, l’adolescence (de 14 à 18 ans) est une phase cruciale de transition, souvent difficile, vers l’âge adulte : apprentissage des libertés, recherche d’identité, etc. Mais c’est aussi la période des premières épreuves de la vie, dans les relations sociales comme en matière de santé.

Il est dans la nature de l’être humain que, dans le processus de son développement, l’éducation (famille et école) consiste à tenter de comprendre d’autres personnes, d’autres idées, d’autres savoirs, à penser par soi-même, à prendre du recul vis-à-vis de soi-même et à exercer son esprit critique. On se plaint assez des manipulations psychologiques et des fausses informations pour insister sur l’importance de cette marge d’autonomie, afin que les enfants apprennent à faire des choix par eux-mêmes, pour préparer leur vie future.

Le principe d’autorité parentale évolue alors, du point de vue de l’enfant, en apprentissage de choix individuel, y compris parfois en s’en détachant, même temporairement : passé l’adolescence, des jeunes choisissent aussi de rompre avec la pratique religieuse, tandis que d’autres prolongent les croyances et pratiques religieuses dans lesquelles ils ont été éduqués.
« L’enfant est un « être situé » au sens où, dès la conception, il est dépendant et en osmose avec son milieu naturel. Il va, petit à petit, prendre ses distances – on dit son autonomie – mais rarement totalement, tellement chacun d’entre nous est intrinsèquement fait de son histoire.
C’est une réalité universelle et intemporelle que l’enfant va s’élever dans l’ensemble des normes explicites et implicites, des modes d’organisation, de pensée, de comportements de ceux qui l’environnent, sa famille bien sûr en premier lieu, mais aussi son quartier, son époque, etc. Et puis va arriver le moment où l’individu ne sera plus explicitement sous influence : il va sans doute faire siennes nombre de ces valeurs, mais se distancier d’autres, en trouver qui seront les siennes. Le tout constituera ses références personnelles
. J.P. Rosenczweig [1]

[1]– J.P.Rosenczweig, magistrat (FR), juge des mineurs :
https://www.lemonde.fr/blog/jprosen/
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Cf. Le chapitre 16 du livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier :
https://urlr.me/DHvmnJ