Extraits libres d’une Conférence de presse (03.12.2025) de Thomas Fletcher, Secrétaire Général-Adjoint des Nations Unies pour les affaire humanitaires et l’aide d’urgence, intitulée Perspective humanitaire globale 2026 (Gobal Humanitarian Overview)
Traduction non-officielle avec DeepL.com, à l’initiative de l’auteur de ce site

(…) « En tant que seule personne sur la planète à avoir visité cette année Goma, Gaza (à deux reprises), le Darfour (à deux reprises), Damas, Kupiansk, Kandahar, Kunduz, Mandalay, Beyrouth et Port-au-Prince, je peux témoigner de la férocité et de l’intensité des massacres, du mépris total du droit international et des niveaux effroyables de violence sexuelle. Nous vivons une époque de brutalité, d’impunité et d’indifférence.

Une époque où les règles sont en recul. Où les fondements de la coexistence sont constamment attaqués. Où notre instinct de survie est engourdi par la distraction et corrodé par l’apathie. Où nous consacrons plus d’énergie et d’argent à trouver de nouvelles façons de nous entretuer, tout en démantelant les moyens que nous avons mis tant de temps à développer pour nous protéger de nos pires instincts. Quand les politiciens se vantent de réduire l’aide. Une époque où, tandis que certains construisent des voitures sans conducteur et envisagent une vie utopique sur Mars, la réalité pour la plupart est un monde sans conducteur et une vie de plus en plus dystopique sur la planète que nous avons.

À l’heure actuelle, 250 millions de personnes ont donc un besoin urgent d’aide humanitaire. Pourtant, le financement prévu dans notre dernier rapport humanitaire n’était que de 12 milliards de dollars américains, le plus bas depuis dix ans.

Ce rapport est donc déchirant à partager. Chaque page est empreinte de souffrance. En 2025, la faim a augmenté. Les budgets alimentaires ont été réduits, alors même que la famine frappait certaines régions du Soudan et de Gaza. Les systèmes de santé se sont effondrés. Des milliers de personnes ont perdu l’accès aux services essentiels. Les épidémies ont augmenté. Des millions de personnes se sont retrouvées sans nourriture, sans soins de santé et sans protection. Les programmes de protection des femmes et des filles ont été réduits, des centaines d’organisations humanitaires ont fermé leurs portes. Et [l’année dernière], plus de 380 travailleurs humanitaires ont été tués, un chiffre record. (…)

Je tiens à préciser que derrière les données et les preuves, derrière ce processus, il ne s’agit pas d’un exercice technocratique. Car au-delà de ce plan, nous renouvelons et réinventons l’action humanitaire, et nous le faisons avec idéalisme, humilité et espoir. Je dois savoir quelle innovation technologique permettra de sauver le plus de vies en 2026. Je dois savoir comment jeter les bases d’un renouveau plus radical, plus écologique, mieux préparé aux crises que nous pouvons anticiper et à celles que nous ne pouvons pas anticiper, plus responsable envers ceux que nous servons. Des agences à l’agence. De la hiérarchie à la dignité. De l’aide à l’investissement. De la charité à l’autonomisation. De l’assistanat à la solidarité. Local autant que possible, international uniquement lorsque nécessaire. De bas en haut et non de haut en bas. D’un système basé sur l’argent que nous pouvons collecter à un système basé sur les besoins les plus importants. Des logos et des egos aux personnes.

En ce qui concerne le public, je trouve frappant que les sondages montrent que lorsque l’on demande aux gens s’ils pensent que nous devrions consacrer 1 % à l’aide, lorsqu’on leur explique où va cet argent, ils soutiennent en fait largement ce que nous faisons. Je ne pense pas que ce soutien public ait disparu, mais les citoyens sont bombardés de désinformation par les politiciens extrémistes, qui suggèrent que le chiffre que nous obtenons est beaucoup plus élevé, tout en répétant bien sûr que le secteur humanitaire est incompétent, corrompu, politiquement correct, inutile, etc. Je pense donc qu’il est important de riposter, de lutter contre cette désinformation. Et comme je l’ai dit, nous ne demandons qu’un peu plus de 1 % de ce que le monde dépense actuellement en armement et en défense. Je ne demande donc pas aux gens de choisir entre un hôpital à Brooklyn et un hôpital à Kandahar, je demande au monde de dépenser moins pour la défense et plus pour l’aide humanitaire. »

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(Cf. le livre « Des droits qui dérangent ? « , édité sur Amazon, en version digitale et en version papier : https://urlr.me/DHvmnJ )